Au cœur de la baie d’Audierne, à Tréguennec, les galets racontent une étonnante histoire de guerre.
Pendant l’Occupation, l’armée allemande installe ici une importante usine destinée à exploiter le cordon de galets de l’Ero Vili, cette longue accumulation naturelle qui borde la baie. À partir de 1942, les galets sont extraits, transportés jusqu’à l’usine puis concassés afin de produire des matériaux destinés notamment aux gigantesques travaux du Mur de l’Atlantique.
Le site devient alors un véritable complexe industriel : tapis roulants, concasseurs, bâtiments et installations s’activent pour transformer cette matière naturelle en matériaux de construction. On estime qu’environ un million de tonnes de galets auraient ainsi été exploitées.
Aujourd’hui, les machines ont disparu, mais les imposantes ruines de béton demeurent. Battues par les vents, envahies par les herbes et peu à peu rendues au paysage, elles offrent un étrange témoignage de cette époque.
Il y a quelque chose de symbolique dans cette histoire : les hommes ont prélevé les galets de la baie pour construire leurs fortifications ; le temps et la nature, eux, sont aujourd’hui en train de reprendre possession des vestiges.
À Tréguennec, l’Ero Vili n’est pas seulement un paysage : il porte encore, dans ses pierres et ses ruines, la mémoire silencieuse de la guerre.

