Le chant des vagues

Quand le ciel vient nous rappeler combien la Terre est belle

Il y a des soirs où l’on se dit qu’on a décidément beaucoup de chance. Et puis il y a les soirs où la Terre semble vouloir en rajouter une couche. Hier soir, nous étions encore sur cette immense plage. Celle que nous avons la chance de retrouver presque vide, soir après soir, avec nos 3 museaux et cette impression délicieuse d’avoir le monde rien qu’à nous. Le sable, la mer, quelques pas dans les vagues, les chiens qui courent, reniflent, reviennent, repartent… Et devant nous, ce spectacle que nous offre le ciel sans jamais demander quoi que ce soit en retour.

Les couchers de soleil ici sont complètement fous.

Chaque soir est différent. Parfois doux, presque pastel. Parfois flamboyant, avec des oranges, des roses et des rouges qui semblent se répandre jusque dans la mer. Parfois le ciel se couvre et tout devient gris, argenté, immense. Et puis, juste avant que le soleil disparaisse, une lumière revient quelque part, comme si le ciel avait décidé de nous faire un dernier cadeau. On pourrait presque finir par s’y habituer.

Presque.

Parce qu’hier soir, le ciel avait d’autres projets. Au loin, nous avons vu arriver un immense nuage Arcus. Une longue muraille sombre, basse, presque irréelle, qui avançait lentement vers nous. C’était magnifique. C’était magique.

Et terrifiant.

Il y avait quelque chose d’animal dans cette masse qui venait à notre rencontre. Une force tranquille, immense, impossible à arrêter. Le ciel semblait se déplacer tout entier, comme si quelqu’un avait tiré un grand rideau noir sur l’horizon. Pendant quelques minutes, nous sommes simplement restés là à regarder. Le genre de beauté qui vous coupe le souffle tout en vous rappelant, très gentiment mais très clairement, que nous ne sommes pas grand-chose face aux éléments. Le vent changeait. La lumière disparaissait par endroits. Le nuage avançait. Et nous, petits humains sur notre morceau de sable, avec nos 3 chiens à nos côtés, nous regardions.

C’était presque hypnotique.

Il y avait quelque chose de profondément beau dans cette peur-là. Pas une peur qui donne envie de fuir, mais celle qui vous remet à votre juste place. Celle qui vous rappelle que la nature n’a pas besoin de nous pour être spectaculaire.

Elle est là.

Elle respire, bouge, gronde, se déploie. Et nous avons simplement la chance d’être là pour la regarder. Puis le ciel s’est finalement apaisé. Et, comme si tout cela n’avait été qu’un petit théâtre céleste, la lumière est revenue autrement. Plus douce. Plus étrange. Les dernières lueurs se sont posées sur la mer et le monde a retrouvé son calme. Avant la tempête !

Nous sommes restés encore un moment. Parce qu’ici, sur cette plage immense et presque toujours vide, il y a quelque chose que je peine à expliquer. Une sensation de liberté absolue. Le silence malgré les torrents d’eau. La mer. Le sable sous les pieds. Les chiens qui vivent pleinement à quelques mètres de nous. L’horizon qui semble ne jamais finir. Et cette impression un peu folle d’embrasser le monde entier alors qu’il n’y a presque personne autour de nous.

Comme si nous étions seuls au monde. Pas seuls dans le sens triste du terme. Seuls dans le sens où, pendant quelques instants, rien ne manque. Il n’y a rien à faire, rien à prouver, rien à atteindre.

Juste être là. Respirer. Regarder. Écouter. Et se souvenir que cette Terre est fascinante.

Parfois douce. Parfois sauvage. Parfois terrifiante. Mais toujours incroyablement splendide.

Alors on rentre lorsque la nuit tombe vraiment, avec du sable partout, les 3 museaux fatigués et heureux, et cette drôle de sensation d’avoir assisté à quelque chose que personne n’aurait pu reproduire.

Demain, nous reviendrons peut-être. Et peut-être que le coucher de soleil sera encore plus beau. Ou complètement différent. C’est justement ça, le plus beau.

La Terre ne se répète jamais.

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