Là où finit laTerre

Au bout de la terre

Nous touchons presque le rivage
d’un rêve longtemps caressé.
Il tient désormais dans quelques cartons,
dans des clés bientôt échangées,
dans un horizon qui s’approche un peu plus chaque matin.

Nous partons vers ce pays
où la terre accepte enfin de s’effacer,
où les chemins finissent dans l’écume
et où le regard apprend
qu’il existe une infinie liberté.

Le Finistère…
Rien que son nom est une promesse.
La fin des terres,
mais peut-être le commencement de nous-mêmes.

Là-bas, le vent ne demande jamais la permission.
Il raconte des histoires aux falaises,
il courbe les herbes sauvages,
il emporte ce qui pèse
et laisse le cœur respirer.

Nous irons à la rencontre des marées,
de la pluie qui dessine l’horizon,
des ciels immenses
qui changent d’humeur sans jamais perdre leur beauté.

Nous écouterons le silence
entre deux vagues,
nous apprendrons les noms des oiseaux,
des criques oubliées,
des sentiers qui ne mènent nulle part
sinon à soi.

Car il est des départs
qui ne sont pas des fuites.

Seulement le besoin profond
de retrouver un endroit
qui nous appelait bien avant
que nous sachions son nom.

Et lorsque nos pas toucheront enfin
ce bout du monde,
nous comprendrons peut-être une chose toute simple :

la terre ne s’arrête pas au Finistère.

Elle laisse simplement la mer
continuer le voyage.

Retour en haut